Ville littorale du Tell oriental algérien humide, Skikda est séparée des Hautes Plaines constantinoises et de la métropole de l'Est par une vaste dorsale allongée d'ouest en est. L'oued Saf-Saf la franchit par des gorges creusées par antécédence et y forme une étroite vallée qui s'élargit à l'approche de la mer, en une petite plaine alluviale. Ville-comptoir phénicienne puis romaine, elle devint un port colonial actif (pêche, ateliers de conservation, avant-port de Constantine) dominant la plaine dont elle exportait les produits (vins et agrumes) et les monts environnants dont les formations végétales dégradées attestent de l'exploitation abusive des forêts de chênes-lièges par des sociétés concessionnaires.
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Algérie Carte politique de l'Algérie
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Ce rôle est devenu mineur eu égard à sa fonction de pôle pétrolier et pétrochimique. L'exportation de 22 millions de tonnes d'hydrocarbures en 2006 place son port au deuxième rang en Algérie après Arzew-Bethioua. Elle est également l'un des principaux pôles industriels littoraux du pays. Outre la plus grande raffinerie d'Algérie et une usine de liquéfaction de gaz naturel, elle abrite un complexe pétrochimique dont les produits plastiques et chimiques sont destinés aussi bien à couvrir les besoins de l'agriculture en cours d'intensification (plasticulture, canaux d'irrigation) ou de l'industrie plastique (Sétif) qu'à diversifier les exportations algériennes.
Peuplée en 2000 de près de 200 000 habitants dont beaucoup s'entassent encore dans des habitations précaires malgré des efforts de construction et de relogement, Skikda est la seule grande ville littorale d'Algérie à maintenir — grâce aux effets différés de l'industrialisation et à cause de la crise et de l'insécurité dans les campagnes — une croissance démographique supérieure à la croissance naturelle.
Bouziane SEMMOUD
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