4. Le sionisme après la création de l'État d'Israël
Pour Ben Gourion, l'existence d'un État souverain devait, logiquement, conduire à la liquidation définitive de la Diaspora (shliḥat hagola) par l'immigration massive de tous les juifs. Cette perspective devait donc, à terme, amener la dissolution pure et simple du sionisme. À contrecœur, Ben Gourion dut toutefois bien reconnaître que, même si une vague d'immigration considérable submergea le pays (près de 700 000 personnes entre 1948 et 1951), la grande majorité des juifs ne tenait pas à quitter « les pays d'exil ». Pragmatique, Ben Gourion accepta que le sionisme organisé continue d'avoir une existence autonome, à charge pour lui d'apporter à l'État d'Israël, matérialisation tangible de l'idéal sioniste, un soutien non seulement politique et financier, mais existentiel.
• La continuité du sionisme comme structure
L'État d'Israël n'est pas uniquement l'État de ses seuls citoyens, juifs et arabes, mais aussi, potentiellement, celui des juifs de la Diaspora qui, en vertu de la loi du retour (1950), bénéficie d'un droit naturel à immigrer et à obtenir, automatiquement, la nationalité israélienne. Le caractère sioniste de l'État d'Israël qui se manifeste clairement au travers de cette disposition se retrouve dans l'aménagement institutionnel qui codifie les relations entre l'État et l'Organisation sioniste mondiale.
Cette dernière, qui agit au nom de l'ensemble du peuple juif, est habilitée à prendre en charge l'installation et l'éducation des nouveaux immigrants.
En 1971, afin de favoriser l'intervention active des juifs de la Diaspora dans la construction du pays, l'Agence juive, qui faisait jusqu'alors corps avec l'Organisation sioniste, fut dotée d'une autonomie véritable en associant, sur une base paritaire, les représentants de l'O.S.M. (Organisation sioniste mondiale) et ceux des organes de collecte de fonds en diaspora (American Jewish Appeal aux États-Unis, Keren Hayessod dans les autres pays, dont la France).
Le congrès sioniste, qui se réunit tous les cinq ans, reste le « parlement » du sionisme organisé. Il est composé pour un tiers de délé […]
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