3. Espaces de jets et théorèmes de transversalité de Thom
Cette impossibilité de définir intrinsèquement des dérivées d'ordre supérieur autrement qu'à travers une inflation de fibrés tangents de tangents de tangents... a conduit C. Ehresman à introduire, dans les années cinquante, la notion de jet d'application, fondamentale dans le sujet qui nous occupe : la remarque de base est que, si la dérivée k-ième de f en a ∈ N ne peut pas être définie en général comme forme k-linéaire sur TaN, la propriété pour deux fonctions f et g de coïncider au point a jusqu'à l'ordre k (c'est-à-dire d'avoir en a les mêmes dérivées jusqu'à l'ordre k) dans une carte locale est indépendante du choix de la carte locale. On dit alors que f et g ont même jet d'ordre k en a ; la classe d'équivalence ainsi définie est appelée jet d'ordre k (ou k-jet) de f au point a, et notée jkf (a). L'ensemble des k-jets au point a de fonctions C∞ sur N est noté Jka(N, R) ; la réunion disjointe des Jka(N, R), lorsque a parcourt N, est notée Jk(N, R). Si N = Rn, l'application qui à jkf (a) associe le couple du point a et du polynôme de Taylor de la fonction X ↦ f (a + X) à l'ordre k en 0 (vérifier l'indépendance du choix du représentant f ) identifie canoniquement Jk(Rn, R) au produit de Rn par l'ensemble Pk(n) des polynômes à n variables de degré inférieur ou égal à k, ce qui munit Jk(Rn, R) d'une topologie. Par exemple Jk(R, R) ≃ Rk+1, J2(R2, R) ≃ R7, ... On peut en déduire une topologie sur Jk(N, R) qui en fait une variété C∞, fibrée sur N de fibre J […]
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