3. Femme, ministre et européenne
En 1974, à la suite de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République, elle est appelée dans le gouvernement de Jacques Chirac au poste de ministre de la Santé, seule femme ministre de plein droit. Elle entre ainsi en politique par le haut, par la filière de la haute administration propre à la Ve République, qui est alors quasi inaccessible aux femmes. Au-delà de ses compétences professionnelles, on peut penser que jouent également en sa faveur son statut d'ancienne déportée, ainsi que les relations de son mari. Par ailleurs, dans sa volonté de « moderniser la France », le président avait déjà en tête la préparation de la loi sur l'I.V.G. qu'il entendait confier à une féministe convaincue et dont le profil pouvait transcender les clivages politiques partisans. Très rapidement Simone Veil s'attelle ainsi au texte de la loi sur l'avortement et devient la personnalité la plus médiatisée du gouvernement. Portée par la vigueur du mouvement féministe et soutenue par l'engagement à ses côtés de Michel Poniatowski, elle affronte les résistances et les attaques de parlementaires et de nombreux lobbies conservateurs. En seconde lecture à l'Assemblée nationale, le texte est adopté par 277 voix contre 192, soit la totalité des votes de gauche et une courte majorité de ceux de droite. La loi est finalement promulguée le 17 janvier 1975 et pose qu'une « femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse » avant la dixième semaine et après une consultation dans un organisme agréé. Conformément au souhait de Simone Veil, les médecins demeurent libres de choisir de pratiquer ou non des I.V.G.. La loi est votée pour cinq ans. Elle sera définitivement adoptée en 1979, et en 2001 son délai sera porté à douze semaines. Le courage et la ténacité de la ministre quasi profane en politique, salués alors par toute la presse contribuent à asseoir sa popularité. Elle reste ministre de la santé dans l […]
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