2. Une vocation tardive
C'est au début des années 1930 que la littérature prend possession de Vestdijk. Il fait, en 1931, la connaissance du romancier-poète Edgar du Perron et de l'essayiste Menno ter Braak. Ceux-ci l'admettent bientôt dans la rédaction de la revue Forum (1932-1935), qui veut réagir d'une part contre l'esthétisme hérité du siècle précédent et d'autre part contre le fascisme et autres formes de « massification ». L'art de Vestdijk, à ses débuts, s'inscrit dans la tendance personnaliste de Forum et restera toujours orienté vers l'individu et ses problèmes.
Au début de 1933, Vestdijk écrit en quatre mois un roman-fleuve autobiographique : les onze cents pages de Kind tussen vier vrouwen (L'Enfant parmi quatre femmes) trahissent la fièvre et l'impatience de qui, enfin, a su découvrir sa voie. Il entre en littérature comme on entre dans les ordres : sa biographie s'efface dorénavant derrière son œuvre.
On a parlé d'une seconde période dans l'activité créatrice de Vestdijk, suite à une prise de conscience sociale qui aurait résulté de la guerre et de la capitulation. À vrai dire, seuls quelques essais et un roman, Iersche Nachten (1944, Nuits irlandaises), où les Allemands ne surent pas se reconnaître sous les traits des Anglais, ont pu faire croire à une orientation nouvelle. Le seul changement de ces années est d'ordre topographique. Après Amsterdam, La Haye et Scheveningue, où il avait surtout séjourné depuis 1927, Vestdijk se fixe, en 1949, non loin d'Utrecht, à Doorn, où il compose la majeure partie de son œuvre et qu'il ne quitte pratiquement plus pendant trente ans. Marié en 1965, il eut un fils deux ans plus tard. Après une longue maladie, il mourut à Utrecht.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



