Né au Congo belge dans la province de Léopoldville, Simon Kimbangu essaie sans succès de devenir catéchiste dans une mission baptiste. Ouvrier dans les huileries de Kinshasa vers 1920, il est en contact avec des militants américains anticolonialistes. De retour dans son village natal de Nkamba en avril 1921, il commence à prêcher le Royaume de Dieu et l'observance de la monogamie. Il se révèle comme thaumaturge et multiplie les guérisons. Nkamba devient le centre d'un pèlerinage permanent et se voit désigner par Kimbangu comme la Nouvelle Jérusalem. Celui-ci promet le retour du Christ sur terre et l'avènement d'un nouvel âge d'or. Certains de ses disciples ayant donné une coloration anticolonialiste au mouvement, les autorités belges s'inquiètent. Kimbangu prend le maquis en juin, mais se laisse arrêter en septembre 1921. Condamné à mort puis gracié, il demeure en prison jusqu'à sa mort. Mais son souvenir reste vivace : dès 1921, divers mouvements religieux se réclament de Kimbangu et de son enseignement. Ces sectes et mouvements messianiques partagent un même fonds de croyances, où le culte des ancêtres voisine avec l'héritage biblique et baptiste. Simon y est tantôt le simple prophète de Jésus pour les Noirs, tantôt le nouveau Messie noir supplantant le Christ blanc des colons. Après trente-cinq ans de persécutions et de clandestinité, le kimbanguisme sort de l'ombre sous l'influence des fils de Simon. À la veille de l'indépendance du Congo belge (1960), sa branche « officielle » devient l'Église de Jésus-Christ sur la terre selon Simon Kimbangu (E.J.C.S.K.), se structure et grandit, regroupant plusieurs centaines de milliers de fidèles au Congo-Kinshasa et dans la région de Brazzaville (république du Congo). Elle est la première Église noire à être admise au Conseil œcuménique des Églises (1969). Après s'être organisée et avoir épuré son dogme et sa liturgie, elle perd sa force novatrice et contestataire et devient d'ailleurs un partenaire du nouveau pouvoir zaïrois.
Antoine LION
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