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SILHAK

L'influence de l'école chinoise du kaozheng xue (méthode d'examen critique des textes classiques) se manifeste, en Corée, par la naissance, au début du xviie siècle, du Sil-hak (science du réel), qui s'oppose à la tradition confucéenne, principale cause de l'immobilisme social et économique de la Corée sous la dynastie des Li (Li Ogg, Histoire de la Corée, Paris, 1969).

C'est dans un esprit à la fois pragmatique et encyclopédique que les initiateurs de cette école coréenne entreprennent leurs études pour critiquer la stagnation sociale et revendiquer les réformes nécessaires. Cet esprit se manifeste clairement dans le Dji-bong yu-sǒl (Miscellanea de Dji-bong, 1614) de Li Su-gwang (1563-1628), le Pan-gye su-rok (Œuvres choisies de Pan-gye ; éd. posthume, 1770) de Yu Hyǒng-wǒn (1622-1673), le Sǒng-ho sä-sǒl (Commentaires de Sǒng-ho, déb. xviiie s.) de Li Ik (1681-1763). Les idées de ces trois auteurs sont encore mieux développées chez Djǒng Yak-yong (alias Ta-san, 1762-1836) dont nous pouvons citer le Kyǒng-se yu-p'o (Modèles d'institutions et de rites, déb. xixe s.) et le Mok-min sim-sǒ (Maximes pour l'administration, déb. xixe s.).

C'est à l'influence du Sil-hak que la Renaissance coréenne du xviie et du xviiie siècle doit d'être marquée d'un progrès extraordinaire dans les études et dans la production littéraires. Nombreux sont alors les ouvrages historiques, géographiques, linguistiques qui manifestent le désir de ne plus s'identifier à la civilisation chinoise, mais de jouir de la liberté de conscience et de découvrir l'identité nationale de la civilisation coréenne. Ces nouvelles tendances apparaissent de la façon la plus nette dans la littérature coréenne : pour la première fois dans l'histoire de celle-ci, les écrivains de romans rédigent alors leurs ouvrages en coréen parlé en vue d'amuser, mais aussi d'inspirer au peuple des idées critiques et réformatrices.

Ogg LI

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