5. Castes et sectes
Le sikhisme, en théorie, ignore les distinctions de caste. Néanmoins, des considérations de prestige et de statut liées à la caste survivent dans le Panth. À la ville, le statut des khatrī est légèrement supérieur à celui des aroṛā (commerçants). À la campagne, les jāt jouissent de plus de prestige que les kamboh (agriculteurs). Après ces castes viennent des artisans, tels les tarkhān (charpentiers), souvent nommés rāmgaṛhīā, suivis par les lohār (forgerons), les nāī (barbiers) et les chimbā (blanchisseurs). Au bas de l'échelle sociale se trouvent les hors-castes cūhṛā (balayeurs, appelés aussi mazhabī) et camār (corroyeurs, connus également sous le nom de rāmdāsiā).
Quant aux différences de sectes, elles remontent à l'époque du second gurū. On appelle udāsī les Sikhs qui préférèrent Śrī Cand, le fils aîné de Nānak, au disciple choisi par le gurū pour lui succéder. Ils étaient enclins à l'ascétisme, et c'est parmi eux que se recrutèrent les mahant qui géraient les gurdvārā avant 1925. De même, le septième gurū, Har Rāi (1630-1661), choisit pour lui succéder un de ses plus jeunes fils, Har Kriśan (1656-1664). Les partisans de son fils aîné, Rām Rāi, constituèrent une secte distincte, les rām rāiā, dont le fief est à présent Dehrā Dūn, en Uttar Pradeś. D'autre part, certains Sikhs prétendirent que la lignée des gurū humains avait continué après Gurū Gobind. Les bandāī, disciples de Bandā Bahādar, ont disparu. Mais deux mouvements de réforme nés au xixe siècle ont survécu autour de gurū vivants. Les nirạnkārī, apparus au temps de Rañjit Sịngh, restent attachés au seul culte du Dieu sans forme. Les nāmdhārī sont les héritiers de Rām Sịngh (1816-1885), qui se prétendait la réincarnation de Gurū Gobind et dont les disciples s'en prirent violemment aux musulmans avant d'être réprimés par les Britanniques.
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