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MANSHOLT SICCO LEENDERT (1908-1995)

François-Xavier Ortoli et Sicco Mansholt, 1973

Né dans une famille de paysans aisés de la province de Groningue, Mansholt fait des études à l'École coloniale d'agriculture de Deventer. De 1931 à 1937, il est agronome dans une plantation de thé à Java. Il s'inscrit alors au Parti socialiste. De retour aux Pays-Bas, il se consacre à son exploitation au polder Wieringermeer. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe activement à la résistance à l'occupant et, à la Libération, il est nommé ministre de l'Agriculture dans le gouvernement socialiste de reconstruction nationale. Il occupera ce poste pendant treize ans (de 1945 à 1958), contribuant pour une large part à la transformation de l'agriculture néerlandaise : après avoir dirigé le difficile travail de restauration du potentiel agricole du pays, presque complètement détruit par l'occupant, il met en place à partir des polders un système d'agriculture planifiée et nationalisée, très compétitive sur les marchés extérieurs. Dans le même temps, il organise la recherche agronomique et développe l'enseignement agricole, dont la réputation s'étend à l'étranger.

Fervent « européen », il est l'un des principaux négociateurs des diverses conférences européennes qui se multiplient après la guerre.

Nommé membre de la première commission de la C.E.E., responsable de l'agriculture (1958), il fait adopter à la Conférence de Stresa, en 1960, un plan qui sera à la base de la politique agricole de la Communauté et qui aboutit à la création d'un Marché commun. En 1966, il fait approuver la mise en place du Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (F.E.O.G.A.), qu'il tient pour la clef du voûte du système communautaire.

Vice-président (de 1967 à 1972), puis président (de 1972 à 1973) de l'exécutif européen à Bruxelles, il propose en avril 1971 ce qui a été appelé le « plan Mansholt » : il prévoit une réduction du nombre des exploitations et des agriculteurs au profit de grandes unités de production, une modernisation des méthodes de gestion, une réforme des structures de financement. Les réactions des milieux paysans sont plus que mitigées. Le « père de l'Europe verte » abandonne ses fonctions à la C.E.E. à la fin de la même année.

Membre du « groupe des personnalités éminentes » chargé par les Nations unies d'élaborer un rapport sur les comportements des entreprises multinationales dans les pays en développement (1973), il se fera le propagandiste convaincu du rapport du Club de Rome et un fervent apôtre de la « croissance zéro » (La Crise, 1974).

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