Le Shu jing est, avec le Yi jing et le Shi jing, un des trois plus anciens livres canoniques chinois. Le mot shu signifie écrire, écrit, document, et se référait à l'origine aux notations faites par les scribes de la cour des paroles royales. Des milliers de ces « écrits » ont dû être en circulation dans l'Antiquité. D'après tous les auteurs anciens (qui sont contredits par la plus grande partie de la critique moderne), c'est Confucius qui aurait choisi une centaine des meilleurs documents pour les rassembler dans le prototype du livre (appelé simplement Shu) que l'on connaît aujourd'hui. Cette édition fut proscrite et brûlée lors de l'incendie des livres en ~ 213. Sous les Han, une partie du livre fut retrouvée et appelée Shang shu. La recension actuelle du livre est fondée d'une part sur les reconstitutions opérées sous les Han, d'autre part sur des faux. Les reconstitutions des Han se sont réparties en deux traditions : celle dite du « texte moderne » (jinwen), en vingt-neuf chapitres, et celle dite du « texte ancien » (guwen), en cinquante-huit chapitres ; les querelles entre les partisans de l'une et de […]
