Fils de l'empereur Yōmei, Shōtoku-taishi naît en un temps où la cour de Yamato, qui a fait reconnaître sa suprématie sur le pays qui devait prendre le nom de Nihon (« [pays] d'où vient le soleil »), est agitée par les querelles des grandes familles. En 587, quand les Soga éliminent les Mononobe et les Nakatomi qui se sont posés, dit-on, en adversaires du bouddhisme mais qui étaient leurs rivaux, le prince, quoique très jeune, se range à leurs côtés. En 593, après l'assassinat de l'empereur Sushun, inspiré sans doute par les Soga, et l'intronisation d'une femme empereur, Suiko, il est nommé prince héritier et exerce jusqu'à sa mort une influence réelle sur les affaires ; cependant, de gré ou de force, il conserve de bonnes relations avec les puissants Soga. Il a été instruit par un moine coréen et paraît avoir une connaissance, exceptionnelle pour son temps, des lettres chinoises et des écritures bouddhiques. Il commence l'œuvre de sinisation de la cour et de la société japonaises, qui devait se poursuivre au cours du viie siècle et aboutir à l'organisation de l'« État ancien régi par les codes » à la chinoise. Cependant, à l'aube de cette période d'emprunts m […]
