Situé au nord-est de la salle du Grand Buddha du Tōdaiji à Nara, le Shōsō-in est une construction de bois brut, d'aspect austère, montée sur de solides poteaux afin de l'isoler du sol et d'en protéger le trésor. L'édifice fut élevé au milieu du viiie siècle pour entreposer les biens personnels de l'empereur Shōmu (règne : 724-749) et de son épouse, légués au temple en 756. Fervent bouddhiste, l'empereur avait voulu développer sa religion dans l'ensemble du Japon. Le trésor contient, outre des objets rituels bouddhiques, de nombreuses pièces de mobilier (table de go, paravents, nattes, etc.), et des instruments de musique. Ces objets réalisés dans des matières précieuses comme le bois de santal, le laque, l'or, l'argent ou les pierres fines, avaient été pour partie importés de la Chine des Tang (618-907) et pour partie créés au Japon à partir de modèles chinois. Dans l'un et l'autre cas, ils reflètent souvent le cosmopolitisme de la dynastie Tang et de sa capitale Chang'an, ouverte aux influences les plus lointaines, celles de la Perse notamment.
Alain THOTE
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