3. Shintō et bouddhisme
On notera que, jusque-là, nous avons utilisé le terme de shintō pour désigner non pas un système religieux organisé, une « religion » au sens occidental, mais simplement un ensemble de croyances et de pratiques relatives aux kami. Telle est, en effet, la signification réelle d'un vocable qui, jusqu'au xixe siècle, n'était jamais employé que par référence au bouddhisme. Cela est vrai dès sa première apparition dans un texte : on lit dans le Nihon shoki, à la chronique du règne de l'empereur Yōmei (règne 586-587), que celui-ci « avait foi en la Loi du Bouddha (Buppō) et révérait la Voie des kami (shintō) ». Shintō

L'empereur Yōmei, en effet, obéissant sans doute à des préoccupations analogues à celles des conseillers de Kimmei, qui malgré leur crainte d'irriter les divinités ancestrales avaient jugé bon de se concilier les Bouddha « que tous les pays de l'Ouest révèrent », semble avoir voulu tenir la balance égale entre les deux ordres de puissances surnaturelles ; mais certains souverains du viie siècle adoptèrent une attitude tout à fait différente. Le Nihon shoki nous apprend par exemple que l'empereur Kōtoku (règne 645-654) « mépr […]
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