Président de la République du Niger, Seyni Kountché est né le 31 juillet 1931 à Fandou, localité du Niger occidental située à une centaine de kilomètres de Niamey. Il est issu d'une famille de chefs coutumiers de la tribu Gabda, rameau du peuple Djerma, qui, au xve siècle, fonda l'ancien empire de Gao. Il embrassa le métier des armes très tôt, puisque, à treize ans, après des études primaires à Filingué, il entrait à l'école des enfants de troupe de Kati, au Mali, puis, en 1947, à celle de Saint-Louis du Sénégal. Il s'engagea dans l'armée française en 1949 et servit en Algérie et en Indochine. En 1957, il fut admis, avec le grade de sergent-chef, à l'École de formation des officiers de Fréjus (E.F.O.R.T.O.M.). Il en sortit sous-lieutenant, le 1er octobre 1959. Rentré au Niger en 1960, année de l'indépendance, il fut transféré dans l'armée nigérienne, le 3 août 1961. Il devait y faire une carrière sans histoire. Durant cinq ans, il mena la vie de garnison à Zinder et à Agadès.
Après un stage à l'école d'état-major à Paris, en 1965-1966, Seyni Kountché fut nommé, le 15 août 1966, adjoint au chef d'état-major des Forces armées nigériennes, fonction qu'il occupa jusqu'au 5 juillet 1973, date à laquelle il accéda au poste clé de chef d'état-major, avec le grade de lieutenant-colonel (l'armée nigérienne, à l'époque, ne comportait pas de généraux...).
Dès février 1973, la situation politique du pays devint menaçante. Sous l'effet de la crise agricole et alimentaire due à la sécheresse qui sévissait depuis plusieurs mois, les tares de l'ancien régime parurent insupportables à de larges couches de la population.
Le mouvement de contestation partit des lycées et centres universitaires. Les sanctions sévères prises pendant l'été à l'égard des professeurs et élèves n'empêchèrent point une grève des cours qui dura d'octobre 1973 à janvier 1974. Les militaires adressèrent alors un avertissement au pouvoir en place, devant le caractère catastrophique de la situation que les autorités civiles discréditées ne […]
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