3. La république socialiste des Seychelles (1977-1993)
La Constitution du 29 juin 1976 instaure une république de type semi-présidentiel fidèle aux valeurs des démocraties libérales. Inclinée diplomatiquement vers l'Occident, dépourvue d'armée, elle se veut cependant ouverte au monde par-delà les concurrences idéologiques et entend donner l'image – en tirant argument de sa faiblesse même – d'un authentique non-alignement. Utopie peut-être ? L'expérience tourne court en moins d'un an. Le contrat politique unissant les deux partis dans le partage des responsabilités gouvernementales, avec établissement au sommet d'une sorte de dyarchie (J. R. Mancham est président de la République et F.-A. René Premier ministre), est rompu brutalement par le coup d'État pacifique du 5 juin 1977. En l'absence du président Mancham retenu à Londres par la conférence du Commonwealth, F.-A. René est propulsé par ses partisans à la tête de l'État. Mancham ne sera plus autorisé à revenir au pays, l'an I de la première république est déjà terminé. Ce n'est pas une simple révolution de palais, mais bien un changement complet de régime, la « véritable indépendance ». Dans son discours-programme du 29 juin 1977, le président René résume ainsi l'orientation de la nouvelle société à construire : « Depuis le 5 juin 1977, le peuple seychellois est un peuple révolutionnaire qui ne s'endormira plus comme avant. »
• L'organisation politique
Après deux années de transition à base de décrets présidentiels, les Seychelles se donnent, le 26 mars 1979, une nouvelle Constitution dont le projet a été longuement discuté au cours de débats populaires. Elle crée un régime à la fois présidentialiste et socialiste. Les instruments du pouvoir sont au nombre de trois. Un président de la République qui cumule les fonctions de chef d'État et de chef du gouvernement (maximum dix ministres) ; élu au suffrage universel direct pour cinq ans, rééligible deux fois, il dispose de prérogatives nombreuses et importantes. Une Assemblée […]
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