Biochimiste américain, d'origine espagnole. Né à Luarca (Espagne), Ochoa devient docteur en médecine de l'université de Madrid en 1929 et professeur dans cette même université deux ans plus tard. Il séjourne ensuite dans diverses villes européennes : Heidelberg, Plymouth, Oxford avant d'émigrer en 1940 aux États-Unis ; là, il exerce à l'université de Saint Louis comme enseignant et chercheur en pharmacologie. L'année suivante, il accepte un poste à l'université de New York, où il est d'ailleurs resté depuis. En 1954, il obtient la chaire de biochimie du collège de médecine de New York.
Sa contribution à l'étude du métabolisme intermédiaire de la cellule fut primordiale. Il démontra le rôle des composés phosphorés « riches en énergie » dans les réactions biochimiques et les couplages qui existent entre phosphorylations et systèmes de transfert d'électrons des chaînes respiratoires (1941).
Le prix Nobel de médecine lui est décerné le 15 octobre 1959, ainsi qu'au professeur Arthur Kornberg, « [...] pour leurs découvertes sur la synthèse des acides ribonucléique et désoxyribonucléique [...] » (ARN et ADN). Ochoa et Grumberg-Manago isolent, en effet, en 1955 la polynucléotide phosphorylase, première enzyme connue capable de catalyser la formation de polyribonucléotides. Quant à Kornberg, il découvrira l'ADN polymérase en 1958. Ces études, entreprises indépendamment par les deux savants, ont prouvé qu'on peut utiliser ces enzymes pour synthétiser in vitro des composés pratiquement identiques, au point de vue physico-chimique, à l'ADN et à l'ARN. La possibilité de synthétiser, grâce à la polynucléotide phosphorylase, des ribonucléotides de séquence statistiquement connue joua un rôle important dans le décryptage du code génétique. Ochoa s'est intéressé depuis lors aux modalités de la synthèse protéique : on lui doit d'assez importants travaux sur les facteurs qui interviennent dans cette dernière.
Pierrette KOURILSKY
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