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SEUIL, psychophysique

On distingue classiquement, en psychophysique, deux types de seuils : le seuil absolu, qui est, pour une modalité sensorielle donnée, la plus petite quantité d'énergie physique capable de provoquer une réaction, un comportement spécifique de la part de l'organisme ; le seuil différentiel, qui est l'augmentation de l'intensité physique juste nécessaire pour provoquer une différence de réaction. Chez l'homme, on mesure le seuil en demandant au sujet s'il a perçu le stimulus ; chez l'animal ou le jeune enfant, on utilise une réaction conditionnée. Le seuil tant différentiel qu'absolu varie d'une espèce à une autre et d'un individu à un autre à l'intérieur d'une même espèce pour une modalité sensorielle donnée. La mesure des seuils a pour objectif de déterminer et d'étudier ces variations. Une méthode de mesure des seuils repose nécessairement sur une certaine conception de la psychophysique. Les méthodes couramment utilisées se fondent sur la psychophysique classique, qui s'est développée à partir de Weber et de Fechner. Le postulat de base en est que la variation observée expérimentalement au niveau des réponses quand on présente à différents moments le même stimulus à un même individu est une variation aléatoire qui doit être traitée comme une erreur de mesure. On cherche donc une valeur statistique représentative de la distribution des réponses. Ce sera, selon les cas, la moyenne ou la médiane de celle-ci. Du point de vue du mode de présentation des stimuli et du type de réponse demandé, on distingue trois méthodes, dont l'origine remonte à Fechner :

La méthode des limites, qui consiste à augmenter ou à diminuer pas à pas l'intensité du stimulus en demandant chaque fois au sujet un jugement du type « perçu », « non perçu » ou, éventuellement, « douteux » ;

La méthode des stimuli constants, qui consiste à présenter aléatoirement des stimuli d'intensité différente en demandant au sujet un jugement du même type que précédemment ;

La méthode d'ajustement, dans laquelle le sujet doit augmenter progressivement l'intensité du stimulus jusqu'à ce qu'il le perçoive — ou bien la diminuer jusqu'à ce qu'il cesse de le percevoir.

Les nouvelles perspectives théoriques, qui se sont développées depuis quelques années et qui remettent en cause l'idée que les variations observées pour un même stimulus seraient aléatoires, conduisent à reconsidérer les techniques de mesure de seuils. Mais ces travaux n'ont encore donné que peu de résultats.

Jean-François RICHARD

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