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SERVICE DU TRAVAIL OBLIGATOIRE (S.T.O.)

C'est en 1942-1943 que le Service du travail obligatoire (S.T.O.) a été organisé par une série de lois promulguées par le gouvernement de Vichy, à la demande des autorités allemandes. Dès 1941, la propagande allemande s'est efforcée d'attirer en Allemagne les travailleurs français, dont beaucoup étaient privés d'emploi. Au début de 1942, environ 60 000 volontaires français y travaillent ; la stabilisation du front germano-soviétique accroît sensiblement les besoins de main-d'œuvre du Reich : aussi, le 20 mars 1942, Fritz Sauckel est-il nommé « plénipotentiaire au recrutement et à l'emploi de la main-d'œuvre ». Lorsque Pierre Laval revient à la tête du gouvernement, le 18 avril 1942, il est aussitôt confronté à l'exigence de Sauckel qui réclame 350 000 ouvriers. Le 6 juin 1942 intervient un compromis : la France fournira 150 000 ouvriers en échange de 50 000 prisonniers de guerre, rendus à leur foyer. C'est la « Relève ». Une grande pompe entoure, le 11 août, à Compiègne, l'arrivée du premier train de prisonniers : environ 1 200 agriculteurs qui resteront les seuls bénéficiaires de la Relève car, en dépit de la propagande et des avantages accordés aux volontaires (salaires élevés, prime de séparation), fin 1942, il n'est parti que 240 000 ouvriers, parmi lesquels 135 000 spécialistes ; Sauckel refuse d'appliquer l'accord du 6 juin. Par une loi du 16 février 1943, Laval doit accepter de créer le Service du travail obligatoire pour les jeunes gens nés en 1920, en 1921 et en 1922. Des sanctions sont prévues pour les réfractaires. Beaucoup d'entre eux préféreront rejoindre les maquis plutôt que de partir pour l'Allemagne. Les exigences allemandes se font plus sévères : Sauckel réclame un million de travailleurs et la loi du 1er février 1944 stipule que toutes les femmes sans enfants de dix-huit à quarante-cinq ans et tous les hommes de seize à soixante ans peuvent être envoyés en Allemagne si le maintien dans leur emploi n'est pas indispensable à l'économie nationale. On estime que, au 30 septembre 1944, il y avait environ 700 000 travailleurs français en Allemagne (dont 40 000 femmes) : ce total, loin d'être négligeable, ne satisfait pourtant pas Sauckel. Aussi le S.T.O. peut-il apparaître comme un double échec, tant pour la politique allemande que pour celle de Laval. Le S.T.O. figure en effet au premier rang des reproches adressés au régime de Vichy. Cependant, le S.T.O. a permis à la Résistance intérieure de renouveler et d'élargir, pour la première fois de façon massive, son recrutement, et par là même de renforcer ses liens avec les populations urbaines et rurales.

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