Bien qu'il soit difficile de cerner avec exactitude la notion de symbolisme, on peut essayer d'en dégager quelques traits : la fuite hors de ce monde par le repli sur soi, l'esthétisme de l'étrange et le culte des images et des analogies. On peut aussi avancer des noms, citer Mallarmé, Verlaine, ou Théodore de Banville pour la France, mais aussi Maurice Maeterlinck (1862-1949) Georges Rodenbach, Max Elskamp et Émile Verhaeren pour la Belgique. Le mouvement se précise grâce au manifeste que publie Jean Moréas en 1886, où il prône « un désordre savamment ordonné ; la rime illucesente et martelée [ou] aux fluidités absconses ». Au sein d'une production profuse, certaines œuvres majeures se distinguent, véritables concentrés de l'esprit fin de siècle, résumés de tendances qui marqueront les poètes de la prochaine génération, d'Apollinaire aux surréalistes.
Serres chaudes de Maurice Maeterlinck est une œuvre emblématique, parue en 1889 chez Vanier, l'éditeur parisien de Verlaine. Son auteur est un jeune Belge de vingt-sept ans, né à Gand où, devenu avocat, il plaide moins qu'il ne se consacre à la littérat […]
