Le serpent est un instrument à vent de tessiture grave dont le son est produit par la vibration des lèvres contre une embouchure en forme de bassin. Selon l'abbé Lebœuf (Mémoire concernant l'histoire ecclésiastique et civile d'Auxerre, Paris, 1743), il aurait été inventé vers 1590 par un certain Edmé Guillaume, chanoine français d'Auxerre, pour améliorer la basse du cornet à bouquin, qui lui est étroitement apparenté. Il se compose d'un tube en bois qui ondule comme un serpent et mesure de 2 à 2,5 mètres de longueur ; il a une perce conique à six trous. À l'origine, il soutenait le plain-chant dans les églises. À partir du xviiie siècle, et jusqu'à son remplacement par les cuivres graves au xixe siècle, le serpent renforçait la basse dans les harmonies militaires.
Des clés lui ont été ajoutées vers 1800, ce qui a augmenté son étendue, en permettant à l'interprète de jouer des notes plus aiguës. Le serpent possédait une riche sonorité et une grande dynamique. Adopté par plusieurs virtuoses du début du xixe siècle, il a parfois été utilisé dans les orchestres symphoniques.
Des serpents métalliques ont également vu le jour, ainsi que des versions en forme de basson. Le serpent a figuré dans certaines fanfares espagnoles jusqu'en 1884 et dans quelques églises françaises rurales jusqu'au début du xxe siècle.
Universalis
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