Un des musiciens les plus féconds de la Renaissance française, fort prisé pendant la première moitié du xvie siècle et dont la renommée repose surtout sur ses chansons galantes. Après avoir été enfant de chœur à la Sainte-Chapelle (1508), Claude Sermisy fut chantre à la chapelle royale (1515), avant d'en être nommé sous-maître vers 1532 (il succéda à A. de Longueval) ; il conserva cette charge jusqu'à sa mort. En 1533, il fut élevé au canonicat et il bénéficia de plusieurs prébendes (Rouen, Troyes). Après un voyage en Italie, dont certains pensent qu'il eut lieu en compagnie de François Ier (1515), il demeura en contact avec le duc de Ferrare auquel il procura des chantres. Dans ses compositions sacrées, Claudin conserve le style traditionnel (messe-parodie), dans l'esprit de Josquin ; toutefois, il écrit un contrepoint plus aéré, il multiplie les passages homophoniques, et la déclamation syllabique met davantage en valeur la compréhension du texte latin. Outre ses treize messes (quatre voix), il écrivit soixante motets (de trois à six voix), qui reflètent les mêmes qualités et où il a certainement laissé le meilleur de lui-même ; on peut seulement citer Domine quis habitabit, Nisi Dominus, Aspice Domine, Sancta Maria, Nos qui vivimus. Les Lamentations de Jérémie (notamment celle du samedi saint) et la Passion selon saint Matthieu (avec duos, trios et quatuors de voix d'hommes) possèdent un souffle religieux authentique. C'est cependant par ses chansons profanes que Claudin a mérité la gloire. Il en écrivit quelque deux cents, de deux à quatre voix, voire à six voix à la fin de sa vie. Avec Pierre Certon, il a porté le genre de la chanson parisienne à son apogée. Contemporaine du madrigal italien, la chanson française s'en différencie notamment d'abord par une rythmique précise qui affectionne le syllabisme et utilise peu d'ornements, de vocalises ou de mélismes, ensuite par la qualité de l'invention mélodique, au trait incisif et à la courbe raffinée. Les phrases de Claudin sont ordinairement courtes m […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



