Le saint le plus vénéré de l'Église russe, modèle même d'une spiritualité créatrice, Serge de Radonège a joué un rôle décisif pour la libération de la Russie du joug tatar et pour la renaissance de la culture russe à la fin du Moyen Âge.
Vers 1350, se déclenche dans le pays le mouvement des poustynniki (« ceux du désert ») qui reprend dans le cadre de la forêt nordique les attitudes et caractéristiques originelles du monachisme : réponse spirituelle, semble-t-il, à l'effondrement de civilisation consécutif aux invasions mongoles. La figure centrale et partiellement l'initiateur de ce mouvement fut Barthélemy, devenu moine sous le nom de Serge Varfolomeï Kirillovitch, puis Sergui Radonejski. Né près de Rostov-la-Grande, il avait pour parents des boyards qui, ruinés par les incursions tatares et l'occupation moscovite, s'étaient réfugiés avec lui à Radonège. À leur mort, le jeune Barthélemy s'enfonce, bientôt seul, dans la forêt, « pour vaquer à l'œuvre du silence », et devient moine. Près de sa cellule, Serge construit une chapelle dédiée à la Trinité, fait sans précédent en Russie, mais sans caractéristique de la spiritualité de ce religieux qui, dans la vie monas […]
