2. Un agitateur d'images (1897-1905)
Déçu dans ses ambitions musicales personnelles, c'est vers le talent artistique des autres que Diaghilev se tourne alors comme organisateur d'expositions puis comme rédacteur de revue. Son entourage est étonné de la perspicacité de ses analyses artistiques en même temps que de son absence totale d'amour-propre lorsqu'il s'agit d'aller quémander des aides pécuniaires ou administratives auprès des personnages les plus en vue de la cour ou de la finance. Dès ses premières expositions au musée Stieglitz de Saint-Pétersbourg, en 1897 (aquarelles anglaises et allemandes), 1898 et 1899 (expositions internationales de peinture), il compte le tsar en personne parmi ses visiteurs. Il gagne au passage la confiance de la princesse Tenichev, du grand-duc Vladimir, de magnats du chemin de fer et du commerce russes tels que Mamontov, Chtchoukine et Morosov. C'est dans l'appartement de la princesse Tenichev que se tiennent les réunions des « conspirateurs », artistes et intellectuels réunis par Diaghilev et Benois pour fonder la revue Mir Iskusstva (Le Monde de l'art), la première du genre en Russie où l'on ne connaît pas même encore le procédé de l'imprimerie d'art. Les numéros parus de 1899 à 1905 jouent un rôle essentiel dans l'histoire de la peinture russe. Les prises de position de la revue en faveur de l'art pour l'art vont à l'encontre de l'esprit dominant à l'Académie de Saint-Pétersbourg, alors aux mains d'Ilya Repine et des tenants de l'art engagé et social marchant à la rencontre du peuple. Les expositions que Diaghilev continue à organiser désormais sous le nom d'expositions du Monde de l'art consolident sa réputation... tout en lui attirant de nouveaux ennemis.
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