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SERER ET WOLOF

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2.  Organisation sociale et politique

La société traditionnelle wolof comprenait trois strates hiérarchisées. La classe supérieure est celle des hommes libres (diambour). Elle englobe la noblesse (garmi), les paysans libres (badolo), les marabouts (sérigne). La noblesse est composée des lignages royaux, des familles de dignitaires (chefs de province et cadres militaires). La seconde strate est celle des artisans à spécialisation héréditaire : griots (gewel), tambourineurs, forgerons et orfèvres, cordonniers, tisserands, travailleurs du bois à la vie itinérante. Les esclaves constituent le troisième niveau de la société wolof. Ils sont soit esclaves domestiques (ou captifs de « case »), soit esclaves de la couronne. Les premiers mènent une vie semblable à celle de leurs maîtres, les seconds sont des guerriers (tiedo) qui vivent de butin et de pillage et se confondent, aux yeux des paysans, avec l'aristocratie dont ils servent les intérêts. Ils avaient un chef, à la fois dignitaire et esclave. La croyance dans le fait que la trahison de ce chef devait entraîner la perte du royaume est un indice de l'importance de ces esclaves guerriers.

Ces strates sociales peuvent être dites castes, car elles étaient endogames et fermées. De l'une à l'autre il n'y avait pas de passage possible. Le roi lui-même ne pouvait anoblir un homme né à un niveau social inférieur. Le statut de descendant d'esclave s'est maintenu jusqu'à nos jours et l'endogamie des castes (qui ont toutefois tendance à disparaître) a été renforcée par l'islam.

Pendant longtemps les marabouts ont constitué le seul groupe social lettré. Savoir lire et écrire leur conférait grand prestige auprès de l'aristocratie animiste. Des terres leur étaient octroyées par celle-ci. Ils défendaient habituellement les paysans contre les exactions des guerriers-esclaves. Cette attitude protectrice prépara la voie à l'islamisation de toute la population.

En pays serer, une stratification analogue existait au Sine et au Saloum. La noblesse […]

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