Saint russe de la première moitié du xixe siècle, véritable icône de la spiritualité orthodoxe. Né à Koursk dans une famille de marchands, Prokhore Mochine entre à dix-neuf ans au monastère de Sarov. Il y reçoit le nom de Séraphin (« de feu »). En 1794, il se retire en ermite dans la forêt, s'enferme dans le silence, renouvelle un temps l'exploit des stylites. À partir de 1825, revenu à Sarov, il ouvre à tous la porte de sa cellule et devient le type même du starets, le saint vieillard, doué du discernement des esprits. Pour lui, le visible s'ouvre sur le Royaume ; la Mère de Dieu et les apôtres Pierre et Jean le visitent et le consacrent « homme apostolique ». En prévision d'une grande épreuve, il tente d'annoncer et de préparer chez quelques-uns — amis laïcs, moniales du couvent fondé par lui à Divéiévo — une spiritualité de transfiguration dans l'Esprit saint : transfiguration aussi du corps, de la culture, de la condition laïque. En novembre 1831, il fait à son jeune disciple Motovilov des « révélations » décisives sur la vie chrétienne comme « acquisition de l'Esprit » : non seulement l'Esprit lui parle mais il se manifeste à lui dans une plénitude lumineuse à laquelle il le fait participer. Publiées en 1901, ces révélations ont puissamment contribué au renouveau du témoignage orthodoxe à l'époque contemporaine.
Olivier CLÉMENT
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