Malgré les risques de violence, les Sénégalais se rendent aux urnes dans le calme, le 22 mars 2009, pour désigner vingt mille conseillers municipaux. Le scrutin est considéré comme un test pour le Parti démocratique sénégalais (P.D.S.) au pouvoir face à l'envolée des prix alimentaires et à la stagnation de l'économie. Le P.D.S. est toujours, de fait, dominant dans les zones rurales, mais une coalition de partis d'opposition, Bennoo Siggil Senegaal, remporte la victoire dans les circonscriptions de Dakar, de Saint-Louis et d'autres grandes villes. Cette percée de l'opposition entraîne un changement de gouvernement. Les élections permettent par ailleurs au fils du président Abdoulaye Wade, Karim Wade, d'obtenir sa première charge publique en tant que conseiller municipal de la capitale. Peu après, il est nommé à un poste ministériel dans le gouvernement de son père, et nombreux sont ceux qui commencent à voir en lui un éventuel successeur au chef de l'État. Le 2 juin, le Parlement adopte un projet de loi visant à créer un poste de vice-président. Le texte est ensuite transmis au président Wade pour ratification.
Le 24 avril, la compagnie Air Sénégal International met fin à ses activités en l'absence de solution au conflit sur le contrôle de la société opposant le gouvernement sénégalais et l'actionnaire majoritaire, Royal Air Maroc. La disparition d'Air Sénégal porte un sérieux coup au secteur touristique, déjà lourdement frappé par la crise économique mondiale.
L'Union européenne annonce, au début du mois d'août, qu'elle va donner près de 11 millions d'euros au Sénégal afin de lutter contre la malnutrition qui touche quatre cent soixante mille personnes. Le 7 septembre, l'agence américaine Millennium Challenge Corporation approuve l'octroi d'une aide de 540 millions de dollars sur cinq ans pour que le Sénégal développe son agriculture et ses infrastructures.
Nancy Ellen LAWLER
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