1. Politique intérieure
Le 7 avril 1991, le président Abdou Diouf nomme Habib Thiam Premier ministre. Le 8, ce dernier présente son gouvernement au sein duquel figurent pour la première fois des opposants, dont Abdoulaye Wade, secrétaire général du Parti démocratique sénégalais (P.D.S.), qui est ministre d'État sans portefeuille. (Il démissionnera en août 1992 pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle.)
En mai, un accord est signé entre le gouvernement et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (M.F.D.C.), indépendantiste.
Le 1er septembre 1992, de violents affrontements faisant une cinquantaine de morts opposent l'armée aux maquisards indépendantistes du M.F.D.C. à Kaguitt, à la frontière de la Guinée-Bissau. L'armée lance une vaste opération de ratissage dans toute cette région du sud du pays, qui est soumise à un blocus total. Ce sont les combats les plus meurtriers survenus dans la province irrédentiste de Casamance, le « grenier à riz » du Sénégal, depuis le début des troubles en 1983.
Le 21 février 1993 se déroule l'élection présidentielle. Le président Diouf (Parti socialiste) est réélu dès le premier tour avec 58,4 p. 100 des suffrages, contre 32,02 p. 100 pour Abdoulaye Wade.
Le 9 mai ont lieu les élections législatives. Le Parti socialiste au pouvoir conserve la majorité absolue à l'Assemblée.
Le 20 janvier 1994, après la dévaluation du franc CFA, les députés donnent à Abdou Diouf les pleins pouvoirs économiques.
Le 16 février, des émeutes meurtrières (six policiers et deux manifestants tués) éclatent à Dakar à la suite d'une réunion de l'opposition consacrée à la cherté de la vie après la dévaluation du franc CFA. Le 18, Abdoulaye Wade est arrêté avec d'autres dirigeants de l'opposition ; le 24, ils sont inculpés pour « atteinte à la sûreté de l'État ».
Le 15 mars 1995, le président Abdou Diouf reconduit dans ses fonctions le Premier m […]
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