2. La sélection naturelle après Darwin
Laredécouverte des lois de l'hérédité mendélienne, au début du xxe siècle, vient compléter le principal point faible du darwinisme en proposant un mécanisme de transmission des caractères. Le néo-darwinisme, ou théorie synthétique de l'évolution, qui inclut darwinisme et génétique, permet alors une formalisation mathématique des effets de la sélection naturelle. Avec cette nouvelle théorie, élaborée dans les années 1940, deux débats importants voient le jour.
Le premier concerne la clarification de la relation entre sélection naturelle et optimisation. L'intuition amène à penser que la sélection naturelle devrait conserver les meilleurs individus et, donc, maximiser le nombre de descendants produits dans un milieu donné : elle aurait alors un effet positif sur la survie de l'espèce. Cependant, un caractère biologique n'est pas intrinsèquement favorable ou défavorable : il peut être sélectionné alors même qu'il correspond à une utilisation non optimale des ressources, voire une sorte de « gaspillage » s'il conduit à diminuer l'accessibilité des ressources pour les autres organismes. En outre, toute espèce interagit avec de nombreuses autres, coévolue plutôt qu'elle n'évolue. Il n'y a donc pas d'adaptation dans l'absolu mais une adaptation à un environnement qui évolue.
Le second débat est celui des unités de sélection. La sélection naturelle darwinienne était centrée sur les individus et leurs capacités de survie ou de reproduction variables. La synthèse néodarwinienne met l'accent sur les unités transmises, les allèles (gènes occupant la même place sur une paire de chromosomes). Ces derniers, différents selon les individus, déterminent des variations de valeurs sélectives (survie ou fécondité) qui, en retour, diminuent ou augmentent les fréquences des allèles. En poussant plus loin cette logique, R. Dawkins a proposé, dans Le Gène égoïste (1976), que les entités sélectionnées sont en réalité les gènes, des entités d'information carac […]
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