Le débarquement de Guillaume d'Orange à Torbay, le 5 novembre 1688, donne le signal d'une révolution aussi remarquable par sa brièveté que par sa portée : le 22 décembre, le roi Jacques II s'enfuit en France, où Louis XIV lui ménage une généreuse hospitalité au château de Saint-Germain. Réuni à partir du 22 janvier 1689, un Parlement Convention règle en moins de cinq mois les principaux problèmes constitutionnels et religieux. Malgré le soulèvement de l'Irlande, qui exige une campagne militaire de plus d'un an, une victoire écrasante sur les rives de la Boyne le 1er juillet 1690 et un traité spécial signé à Limerick en 1691 seulement, la révolution proprement dite a duré moins de sept mois.
Par ses origines, elle rappelle la Grande Rébellion (première révolution anglaise). Comme son père, Charles Ier, Jacques II a cherché à développer son autorité royale, à limiter les interventions du Parlement, à se doter d'une armée permanente de près de 30 000 hommes, à organiser des finances indépendantes de toute sanction extérieure (grâce aux douanes et à l'excise) ; il a prétendu limiter l'autonomie des commissaires locaux et, en particulier, celle des juges d […]
