Né à Barcelone, le théologien Sebon est mort à Toulouse où il professait la médecine et la théologie. L'œuvre qui le fit connaître, sa Théologie naturelle ou Livre des créatures (Theologia naturalis sive Liber creaturarum), publiée en latin en 1487 et traduite en français dès 1519, porte la trace de cette double orientation. Elle attire l'attention des humanistes probablement pour deux raisons qui peuvent nous paraître contradictoires ; elle expose, en effet, une méthode de pensée et de déduction purement rationnelle et empirique, c'est-à-dire celle-là même au nom de laquelle les humanistes ont entrepris leur « révolution culturelle ». Par cette méthode, Sebon tente de démontrer les vérités de la foi sans recourir à la Révélation. En fait les observations contenues dans la Théologie naturelle ne diffèrent pas essentiellement de thèses soutenues par des traités « athées ». Paradoxalement, Sebon s'appuie sur elles pour construire la théologie, comme en déduisant la seconde des premières. L'œuvre jouit d'un assez vif succès au xvie siècle, Montaigne en entreprend la traduction en 1569, à la demande son père (dit-il). Il rédige l'essai […]
