Travaillant près de Bellini puis de Giorgione, Sebastiano Luciani était déjà célèbre à Venise lorsqu'il partit pour Rome en 1511 : les grandes figures de Saint Louis de Toulouse et de Saint Sinibald à San Bartolomeo (1508) ont une monumentalité qui dérive des fresques de Giorgione au Fondaco dei Tedeschi. À Rome, il se lie d'abord avec Raphaël, mais sans réussir à assimiler la sereine élégance de son art ; il passe ensuite dans le « clan » de Michel-Ange, adoptant son parti dans les rivalités qui l'opposent au maître des Stanze et cherchant à s'inspirer de sa force dramatique, de sa terribilità. Sebastiano est parfois dépassé par ce grand exemple : il y a plus de lourdeur que de tension plastique dans la Pietà de Viterbe (env. 1515). Mais la Flagellation
de San Pietro in Montorio à Rome (1518), la Sainte Famille avec un donateur (1517-1518, National Gallery, Londres), la Madone au voile (musée de Naples) montrent une réceptivité lucide aux leçons de Michel-Ange. La succession de ces expériences (Bellini et Giorgione à Venise, Raphaël et Michel-Ange à Rome) a ses résultats les plus heureux dans les portraits (Clément VII, musée de Naples ; Seigneur inconnu, musée de Berlin ; Andrea Doria, galerie Doria, Rome ; un Violoniste, Paris, coll. Rothschild). Après la mort de Raphaël, Sebastiano del Piombo occupe la première place parmi les peintres de Rome. Il doit son surnom, il Piombo, à la charge de garde du Sceau pontifical, qui lui fut décernée en 1531.
Photographie
Flagellation et Transfiguration du Christ, S. del Piombo Sebastiano del Piombo, Flagellation et Transfiguration du Christ, 1518. Fresque. Chapelle Borgherini dans l'église Saint-Pierre, Montorio, Rome.
Crédits: G. Nimatallah/ De Agostini Consulter
Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
Retour en haut



