Contrairement à une opinion très répandue, aucun passage du Coran n'interdit les représentations figurées ; de nombreux hadith (traditions), en revanche, s'attaquent violemment à ce type d'image. Les images didactiques des premiers manuscrits scientifiques ont rapidement ouvert la voie à un art de la peinture, qui trouve l'une de ses expressions majeures dans la production de l'École de Bagdad, pendant la première moitié du xiiie siècle.
Photographie
Séances d'al-Harîrî Illustration des Maqâmât (Séances) de l'écrivain arabe al-Harîrî (1054-1122). Cette illustration est tirée d'un manuscrit achevé à Bagdad en 1237 par le copiste et peintre Yahyâ ibn Mahmûd al-Wâsitî. Bibliothèque nationale, Paris.
Crédits: The Bridgeman Art Library Consulter
On peut reconstituer une école de peinture autour de cinq manuscrits à images (dont le célèbre al-Maqāmāt daté de 1237, conservé à la Bibliothèque nationale de Paris) d'un style homogène, dont un seul est localisé par son colophon à Bagdad. La vivacité des illustrations de ces manuscrits, leur verve narrative, leur humour, leur réalisme sont étonnants. Elles intègrent influences stylistiques byzantines et apports iconographiques saldjoukides tout en témoignant d'une observation attentive de la vie quotidienne. L'activité de cette école s'est arrêtée, à Bagdad, avec la conquête mongole, mais son rayonnement a influencé de nombreux miniaturistes du Proche-Orient pendant la seconde moitié du xiiie siècle et au xive siècle.
Marianne BARRUCAND
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