L'apparition du schnorchel sur les sous-marins allemands (1944) marque une étape de la lutte que se livrent avec acharnement Alliés et Allemands dans l'océan Atlantique.
Après les éclatants succès des U-boote en 1942 et au début de 1943, un renversement de la situation s'opère brutalement en avril 1943 grâce à l'emploi de porte-avions d'escorte qui comblent le vide de l'Atlantique central, et à l'usage par l'aviation d'un radar centimétrique indétectable par l'adversaire. Moins vulnérable quand il navigue en plongée à l'aide de ses batteries, le sous-marin est obligé de faire régulièrement surface pour les recharger et naviguer avec ses moteurs Diesel. Mais il devient, même la nuit, la proie d'avions à long rayon d'action et au grand pouvoir de détection.
Il fallait trouver une parade technique, évitant en particulier la nécessité de faire surface pour recharger les batteries. Les ingénieurs allemands reprennent alors un procédé, aussi vieux que les sous-marins, mais techniquement peu utilisable : un tuyau d'aération assurant en plongée à immersion périscopique l'alimentation en air des moteurs Diesel. Un dispositif de ce genre avait déjà été installé sur des sous-marins hollandais capturés en 1940 par la Kriegsmarine.
La mise au point du schnorchel nécessite de nombreuses améliorations, et c'est seulement au début de l'année 1944 qu'il commence à être monté sur les U-boote. Mais l'équipement de quelques sous-marins ne suffit pas à gêner considérablement le débarquement en Normandie. Toutefois, grâce au schnorchel, l'amiral Dönitz peut encore entreprendre des opérations spectaculaires à longue distance (telle l'opération Seewolf à la fin du mois de mars 1945) : sept U-boote appareillent à partir des bases norvégiennes à destination des côtes américaines, ayant ordre de naviguer avec schnorchel et en silence radio. Deux des sept ont pu franchir tous les barrages mais, quand ils font surface au large des côtes américaines, c'est le 9 mai 1945 et l'Allemagne a capitulé. Toutefois, leur raid annonce ceux des sous-marins nucléaires naviguant désormais pendant des mois en immersion complète, grâce à leur réacteur, qui a rendu inutile l'usage du schnorchel.
Jean DELMAS
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