Le mot scapigliatura (littéralement : « manière d'être échevelé », c'est-à-dire « bohème ») désigne un petit groupe d'artistes lombards et piémontais de la seconde moitié du xixe siècle, et il apparaît pour la première fois dans le titre d'un roman de Cletto Arrighi, publié en 1862.
Sans constituer à proprement parler une école, la scapigliatura peut se définir comme un mouvement en réaction contre le romantisme mineur et sentimental des années cinquante, en poésie, et, dans le domaine de la prose, comme une tentative pour échapper à la tradition du roman historique dont Manzoni avait été le principal représentant.
Arrighi décrit les scapigliati comme de jeunes artistes marginaux et contestataires, violemment anticonformistes et provocants dans leur comportement ; à la fois enthousiastes et désespérés, ils hantaient plus volontiers les bouges et les cafés que les salons littéraires, et tentaient d'imposer un goût plus authentique, moins artificiel et moins provincial. Baudelaire était leur modèle de prédilection, mais, à travers lui, ils remontaient à des sources moins courantes dans la littérature italienne : Edgar Poe, Hoffmann […]
