Dès les xviie et xviiie siècles, des hommes d'État tels que les Danois H. Sehested, P. Griffenfeld et J. von Bernstorff, le Suédois J. Gyllenstierna conseillent la réconciliation entre les États nordiques. Cela n'aboutit qu'à de précaires ligues dynastiques de neutralité en Baltique pour la défense du commerce et de la navigation. Ce mouvement de solidarité scandinave fondé sur des souvenirs et des intérêts identiques, d'abord cosmopolite et littéraire au xviiie siècle, se répand chez les étudiants, après des visites entre les universités de Copenhague et de Lund (1837-1838) et se traduit par cinq congrès scandinavistes, de 1843 à 1864, animés par les écrivains A. G. Oehlenschlaeger et E. Tegner. Fortement influencé par le romantisme, l'« esprit du Nord » marque une poussée du nationalisme dans une Europe où les nationalités s'éveillent et prend un caractère libéral, puis politique, vers 1856.
La Scandinavie, pour briser son isolement, prétend unir les peuples frères ; c'est aussi un réflexe de défense contre l'Allemagne et la Russie menaçantes. Nourrie du mythe gothique magnifié chez l'historien danois Saxo Gramm […]
