1. De Spoutnik-1 à la National Geospatial-Intelligence Agency
Entre 1957, qui voit le double lancement par Moscou de son premier missile balistique intercontinental (I.C.B.M.), le R-7, et de Spoutnik-1, et 1991, date de la disparition de l'U.R.S.S., 60 p. 100 des satellites américains et 77 p. 100 des satellites soviétiques sont à vocation militaire. De 1962 à 1987, l'U.R.S.S. a mis sur orbite 712 satellites de reconnaissance photographique sur 1 601 satellites militaires, soit une moyenne de 28 par an, avec un record de 37 en 1981 et en 1983. De 1959 à 1992, les États-Unis ont lancé 266 satellites de reconnaissance.
Les principales applications ont été et sont encore : l'observation optique, infrarouge et radar ; la cartographie ; la localisation des objectifs ; l'alerte avancée (détection des lancements de missiles balistiques, voire de décollages d'avions) ; l'interception des liaisons téléphoniques, des télécopies, du courrier électronique, des données de toute nature ; la surveillance des océans ; la météorologie ; la détection d'explosions nucléaires sur Terre ou dans l'espace ; les télécommunications ; la navigation des mobiles terrestres, aériens et maritimes ; la géodésie, pour connaître de façon précise le géoïde et améliorer ainsi la navigation des sous-marins et le guidage des missiles.
Grâce à l'espace, le renseignement a acquis une nouvelle dimension et les performances des systèmes mis en œuvre vont sans cesse être améliorées au cours du face-à-face des deux superpuissances. Des moyens énormes seront alloués à l'espace militaire. Ainsi, aux États-Unis, le budget de l'espace militaire géré par le Pentagone était en 1991 de 19,2 milliards de dollars, contre 13 pour celui de la N.A.S.A., affecté à l'espace civil. Il conviendrait d'y ajouter le budget du N.R.O. (National Reconnaissance Office), organisme le plus secret des États-Unis, qui s'élevait en 1999 à 6 milliards de dollars (dont entre 3 et 4 consacrés à l'imagerie spatiale), ainsi que les crédits spatiaux de la C.I.A. (Central Intelligence Agency), de la N.S.A. (National Security Agency) et de la N.I.M.A. (National Imagery and Mapping Agency), devenue en novembre 2003 la N.G.A. (National Geospatial-Intelligence Agency).
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