Les États-Unis sont, au début du xxie siècle, le seul pays à disposer d'un système spatial militaire aussi complet que performant, assurant une couverture mondiale. Cela leur confère un avantage en temps de guerre comme en temps de paix, notamment en matière de lutte contre le terrorisme. La Russie n'a évidemment plus les moyens de l'Union soviétique. L'Europe, quant à elle, compte sur les États-Unis, par l'intermédiaire de l'O.T.A.N., pour être pourvue en renseignements. Cependant, quelques pays européens – la France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et l'Allemagne – se dotent de capacités d'observation et d'écoute. La Chine, Israël et l'Inde ont leurs propres capacités et d'autres pays, comme la Turquie ou la Thaïlande, frappent à la porte de ce club naguère réservé aux deux « grands » et qui s'ouvre désormais à des sociétés commerciales. Bientôt, tout le monde surveillera tout le monde.
1. De Spoutnik-1 à la National Geospatial-Intelligence Agency
Entre 1957, qui voit le double lancement par Moscou de son premier missile balistique intercontinental (I.C.B.M.), le R-7, et de Spoutnik-1, et 1991, date de la disparition de l'U.R.S.S., 60 p. 100 des satellites américains et 77 p. 100 des satellites soviétiques sont à vocation militaire. De 1962 à 1987, l'U.R.S.S. a mis sur orbite 712 satellites de reconnaissance photographique sur 1 601 satellites militaires, soit une moyenne de 28 par an, avec un record de 37 en 1981 et en 1983. De 1959 à 1992, les États-Unis ont lancé 266 satellites de reconnaissance.
Les principales applications ont été et sont encore : l'observation optique, infrarouge et radar ; la cartographie ; la localisation des objectifs ; l'alerte avancée (détection des lancements de missiles balistiques, voire de décollages d'avions) ; l'interception des liaisons téléphoniques, des télécopies, du courrier électronique, des données de toute nature ; la surveillance des océans ; la météorologie ; la détection d'explosions nucléaires sur Terre ou dans l'espace ; les télé […]
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