Mystique musulman de l'école de Baghdād. Sarī al-Saqaṭi a connu Ma‘rūf al-Karkhī, un saint illettré, qui lui inspire la vocation de « prendre sur soi toute la tristesse du monde ». Pour expier la faute d'Adam, il s'offre à porter la amāna, dont les cieux et la terre ont refusé de se charger (Coran, 33, 72). Ce terme d'amāna, qui a été interprété comme synonyme d'« obéissance » (tā‘a), pourrait bien avoir ici cette signification, toute proche de la notion de la substitution pour le salut de ceux qui désobéissent à Dieu, qui a été reprise par al-Ḥallādj et a profondément marqué la pensée de Louis Massignon.
Roger ARNALDEZ
Retour en haut



