7. La Sardaigne contemporaine
Le rôle central de la Sardaigne dans l’histoire de la péninsule lui a valu le statut de région autonome en 1948, ce qui lui permet une gestion au plus près des réalités de l’île. Les problèmes de la Sardaigne actuelle ne sont donc pas institutionnels, mais principalement économiques.
La population (1 671 000 hab. en 2009) est inégalement répartie et peu urbanisée (deux grandes villes : Cagliari, ville littorale au sud de l’île, 157 300 hab. en 2009 ; Sassari, au nord-ouest, 130 000 hab.). Malgré le niveau de vie médiocre, l'émigration s'est faite plus tardivement, et de façon plus limitée que dans le reste du Mezzogiorno.
Le secteur rural est important. Les exploitations sont de taille moyenne ou petite et se consacrent, sur les plateaux, à l'élevage des ovins et des caprins, à la production de lait et de fromages. L'agriculture repose principalement sur la vigne, les céréales (dans le Campidano), les arbres fruitiers et les cultures maraîchères. Le plan Renaissance, dans les années 1960, a tenté de combler le retard de cette société agro-pastorale en implantant quelques gros ensembles industriels : complexe pétrochimique à Cagliari et Porto Torres desservant diverses usines de fibres et de textiles parfois construites dans l'intérieur. Cependant l'industrie est encore peu diversifiée : production d'électricité, métallurgie, chimie, hydrocarbures, activités extractrices (plomb, zinc, charbon). L'industrialisation, développée dans le Nord (Sassari et Porto Torres) et dans le Sud (Cagliari), a entraîné une concentration de la population dans les deux provinces extrêmes, les deux entités territoriales centrales accusant un retard industriel important et conservant une économie rurale. Le secteur des services repose essentiellement sur les activités liées au tourisme, qui a nécessité l’assainissement de nombreuses zones marécageuses. La côte nord-est, autour de Porto Cervo, est un haut lieu du tourisme international de standing, depuis la « création » de la Costa Smeralda (la côte d’Émeraude) par Karim Aga Khan en 1962.
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