En 1839 parut en Suède, un petit livre intitulé Det går an, dont le titre en français est Sara, dû au plus flamboyant de tous les romantiques suédois, Carl Jonas Love Almqvist (1793-1866), et qui alluma l'un des brûlots les plus endiablés de son temps parce qu'il peignait un féminisme fracassant qui allait faire scandale.
Sara, mignonne jeune fille de la bonne bourgeoisie, rencontre sur un bateau qui va de Stockholm à Lidköping, dans le nord de la Suède, un bel officier, Albert. Le coup de foudre est immédiat et réciproque. Dans un cadre idyllique, la passion que se vouent les deux jeunes gens se renforce et s'éclaire progressivement. Mais si Albert se laisse emporter par les élans de son cœur, Sara ne perd pas un instant de vue les conditions matérielles de leur possible union. Elle finit par imposer sa vision des choses malgré les vives réticences d'Albert, et par poser ses conditions : ils seront mari et femme, certes, mais chacun d'eux connaîtra une totale autonomie financière, Sara en travaillant de ses mains, Albert en étant soldat : « Disons donc, Sara, que chacun de nous régira ce qui lui appartie […]
