4. Une agglomération gigantesque
Dans une agglomération de cette taille, les politiques urbaines parviennent à s'articuler grâce à un plan directeur régulièrement révisé. Des arbitrages sont menés au sein des mairies de quartiers, telles les questions de transports, de logements et d'emplois.
Le trafic automobile engorge cette immense agglomération très polluée, alors que les infrastructures de transports collectifs, comme le métro qui compte deux lignes et quatre-vingt stations, ne progressent que lentement. Les millions de personnes qui habitent en périphérie lointaine vivent − voire survivent − dans l'informalité généralisée des logements, des emplois et des réseaux sociopolitiques. Les taux élevés d’homicides et de vols révèlent le malaise de cette croissance désordonnée et des disparités mal maîtrisées. Toutefois, depuis le début des années 2000, les autorités parviennent à endiguer cette insécurité généralisée, malgré les rivalités entre les polices, militaire et civile, faisant baisser de moitié les taux d’homicides. Néanmoins, la révolte simultanée dans une centaine de prisons de l'État de São Paulo, en mai 2006, a provoqué la mort de deux cents prisonniers et d'une cinquantaine de policiers et de gardiens de prison, révélant l'emprise du crime organisé, notamment de l'organisation du Premier commandement de la capitale, dirigé par des trafiquants de drogue détenus qui s'opposaient à leur transfert dans des prisons modernes mieux surveillées. La ville mondiale qu'est devenue São Paulo révèle de profondes fragilités sociales.
Une véritable région urbaine au-delà de la Région métropolitaine se forme autour de São Paulo, regroupant les agglomérations de Santos et sa zone industrialo-portuaire au sud, de Campinas, pôle technologique de plus d'un million d'habitants au nord, de São José dos Campos, pôle aérospatial à l'est, de Sorocaba, pôle mécanique à l'ouest. Elle configure une « macrométropole » de 26 millions d'habitants, regroupant 70 p. 100 de la population et 80 p. 100 du P.I.B. de l'État de São Paulo. À l'échelle nationale, une autre région urbaine se forme à partir de la jonction des aires métropolitaines de Rio de Janeiro et de São Paulo, qui atteint 45 millions d'habitants et fournit 43 p. 100 du P.I.B. brésilien. Cette région préfigure l'embryon d'une mégalopole du Mercosur qui irait de Vitória (État d'Espírito Santo, au nord de Rio de Janeiro) à la capitale argentine Buenos Aires.
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