3. La capitale économique du pays
Parallèlement, São Paulo voit l'apparition de « centres d'activités », signalés par une densification des gratte-ciel, devenant ainsi une ville polycentrique, à l'image de Los Angeles. Le principal centre d'affaires se trouvait, jusque dans les années 1950, dans les quartiers centraux de République et de la cathédrale qui se sont ensuite paupérisés. Les activités tertiaires se déplacent, dès les années 1960, vers l'avenue Paulista, nouvelle vitrine d'une ville devenue métropole, qui abrite les sièges d'entreprises multinationales. À la fin des années 1980, le déplacement se poursuit en direction du sud-ouest, vers la voie sur berge du rio Pinheiros et les avenues Faria Lima et Luiz Carlos Berrini, où le prix du mètre carré a décuplé en quelques années. Ce troisième centre d'affaires offre des surfaces de bureaux dans des centaines d'immeubles intelligents équipés d'héliports. São Paulo est devenue la deuxième place mondiale pour le trafic des hélicoptères urbains, derrière New York, permettant d'éviter les engorgements du trafic et la violence urbaine. Des complexes commerciaux intégrant activités culturelles et de loisirs, des espaces hospitaliers et des campus universitaires, comme Butantã-cidade universitaria à l'ouest, Tatuapé à l'est, contribuent à créer de multiples centralités, plus ou moins articulées entre elles.
Si São Paulo est toujours leader de l'industrie brésilienne (métallurgie, mécanique, habillement, etc.), on observe, plus que dans les autres villes du pays, une importante perte des emplois industriels − uniquement les emplois formels − depuis les années 1980. La grande métropole industrielle s'adapte à la mondialisation : elle délocalise et reconvertit ses systèmes de production, tandis que le travail informel tend à progresser. Géographiquement, c'est la banlieue du sud-est, dite de l'ABC, regroupant les municipalités de Santo André, São Bernardo et São Caetano qui est la plus affectée. Ce bastion ouvrier de l'industrie auto […]
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