2. Une ville mondiale face au défi de la gestion urbaine
La structure urbaine se diversifie de plus en plus. Les frontières entre quartiers, restées longtemps poreuses, s'érigent et isolent les beaux quartiers, les quartiers résidentiels des classes moyennes et les quartiers populaires ponctués d'immenses ensembles de logements sociaux. Les favelas, en augmentation constante, caractérisent ce tissu urbain et, pour les plus grandes d'entre elles, font l'objet de régularisation foncière et d'équipement, comme à Heliópolis, la plus grande favela de São Paulo (120 000 habitants). Cette ville dynamique est en perpétuelle construction, les quartiers centraux connaissent d'audacieuses opérations de restructuration, tandis que, à plusieurs dizaines de kilomètres du centre, les lotissements se multiplient, le plus souvent illégalement. São Paulo est également une ville ségréguée où les quartiers septentrionaux et orientaux abritent les classes à bas revenus, tandis que la zone centrale et la partie occidentale, le long du rio Pinheiros, concentrent la population aux plus hauts revenus. La ville est aussi fragmentée, les immeubles de luxe et les hypermarchés surveillés par des gardes privés forment des îlots économiques modernes clos par des murs, qui sont autant de barrières contre les pauvres et les exclus. De larges zones aux lotissements non régularisés ne sont pas soumises aux taxes foncières et immobilières, contribuant ainsi à renforcer l'informalité urbaine. Face à cette situation, la société civile prend en main son destin et s'organise par quartiers et par associations d'habitants, qui obtiennent le statut d'organisations non gouvernementales.
La ville se développe en auréoles. Le centre historique, autour de la cathédrale, la Sé, qui voit le nombre de ses habitants diminuer depuis les années 1980, mais maintient de nombreux emplois formels, est en cours de réhabilitation, notamment des immeubles des années 1930 et 1940. Ce noyau central est bordé par une première auréole formant, au nord et à l'est, les quartiers des classes moyennes aux revenus les plus bas et, à l'ouest, les quartiers à la population aisée, appelés les « jardins ». Puis, à environ cinq kilomètres du centre, deux auréoles successives, au nord, à l'est et au sud, regroupent principalement des quartiers mixtes de petites entreprises et de familles à bas revenus, totalisant trois millions d'habitants. Enfin, une dernière auréole, située à plus de dix kilomètres du centre, abrite les quartiers des pauvres les plus récemment arrivés, et totalise deux millions de personnes.
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