4. Politique sanitaire
• Les impératifs sociologiques
L'extension de l'activité médicale dans les sociétés les plus avancées comporte un aspect économique et un aspect professionnel.
L'aspect économique est le plus connu ; on le rappellera brièvement. Soigner la totalité d'une population représente un poste économique important. Il faut former pour cela des personnes qui exerceront les professions médicales et paramédicales, ce qui implique l'existence de facultés et d'écoles ; il faut aussi des établissements de soins ; il faut en outre fabriquer des produits pharmaceutiques ; enfin, une instrumentation de plus en plus complexe et onéreuse est devenue indispensable. L'évolution rapide de tout cet équipement est maintenant bien connue.
Très longtemps, certes, la médecine n'a coûté que le prix de la visite médicale, et c'est probablement pour cela que, dans beaucoup de pays, certains économistes croient qu'ils résoudront le problème du coût de la médecine en diminuant les ressources des médecins. Ce dernier élément n'est plus en réalité qu'un poste modeste par rapport au coût total : l'augmentation du nombre des possibilités thérapeutiques et celle du nombre des malades qui peuvent y avoir recours vont de pair, ne serait-ce qu'à cause de l'allongement de la vie humaine qui fait que chaque individu peut accumuler plusieurs maladies. Un aspect de ce phénomène est l'utilisation continue, pendant des périodes indéfinies, de traitements majeurs pour les maladies chroniques. L'augmentation du poste « soins médicaux » dans la consommation des individus est une des plus rapides (avec les consommations de culture et de loisirs). Il en résulte que les dépenses médicales, à cause de leur caractère inopiné et intermittent, sont de plus en plus mal intégrées dans les perspectives budgétaires des familles, même aisées. Il faut se préparer à la maladie comme à l'incendie et à la vieillesse, par un mécanisme de prévision, c'est-à-dire d'assurance ; et, sous ce rapport, les pays ne diffèrent […]
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