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PETÖFI SÁNDOR (1823-1849)

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2.  Amour et politique

Les grands espaces de l'Alföld (La Grande Plaine), qui avaient libéré l'âme du poète, s'étaient mués en symbole de la liberté politique. Sa conception de la liberté lui fait dépasser les frontières nationales et « chaque battement de son cœur exprime une prière pour le bonheur du monde » ; cette petite phrase de Egy gondolat bánt engemet (Une pensée me tourmente) exprime un point culminant de sa pensée, le poète est devenu un apôtre de la liberté, il prépare le combat final qui délivrera l'opprimé de l'oppresseur.

La vie de Petőfi, plutôt paisible, fut troublée par de nombreuses amours extrêmement romantiques, qui toutes se terminèrent mal, mais qui furent à l'origine de nombreux poèmes. Les deux recueils Les Rameaux de cyprès du tombeau d'Etelke (Cipruslombok Etelke sirjáról, 1844) et Nuages (Felhők, 1846) révèlent un sentiment de tristesse et d'amertume, qui atteint un point crucial d'intensité dans des poèmes tels que « Le Fou » (« Az őrűlt »).

En septembre 1847, Petőfi fit la connaissance de Júlia Szendrey à un bal campagnard ; cette rencontre lui inspira ses meilleurs poèmes d'amour. « Tous les sentiments que j'éprouvais auparavant étaient rêve de poète, un rêve de poète et pas l'amour », écrit-il alors. Les poèmes à Júlia sont dynamiques, spontanés, ardents. Après son mariage avec Júlia, Petőfi continua d'écrire pour sa femme des poèmes qui font figure de prophétie :

Car s'effeuillent les fleurs et s'enfuit notre vie...Viens donc, ô mon aimée, te blottir sur mon sein.Toi qui tout contre moi mets ta tête chérie N'iras-tu te pencher sur ma tombe demain ? Si je meurs le premier de ces deux [que nous sommes, Mettras-tu, dans les pleurs,[un linceul sur mon corps ? Si un autre t'aimait, se pourrait-il alors Que tu quittes mon nom pour le nom [de cet homme ?(traduit par Guillevic)

En 1848, quand éclata la révolution, Petőfi était au centre de l'activité politique. Il s'engagea alors dans l'armée, quitta sa femme et son fils et s'en alla mourir sur un champ de bataille en Transylvanie dans l'après-midi du 31 juillet 1849. Ses poèmes politiques furent parmi les meilleurs qu'aient inspirés la révolution et la guerre d'indépendance hongroises.

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