Né à Orgaz, une bourgade des monts de Tolède, Sánchez Cotán étudia la peinture avec le Tolédan Blas del Prado. Cet artiste, de tradition maniériste, était surtout apprécié comme peintre de fleurs.
En 1603, la quarantaine passée, Sánchez Cotán entre chez les chartreux. Apparemment, cette vocation n'est pas la conséquence d'une crise intérieure, mais l'épanouissement d'une piété profonde. Elle n'établit pas de rupture dans une création artistique qui se poursuit dans l'isolement monastique. Simplement, le peintre s'adonne désormais à peu près exclusivement à l'art religieux.
On le trouve successivement à Grenade et au Paular, le puissant monastère installé dans la solitude de la sierra de Guadarrama, puis à nouveau à Grenade. Il ne quittera plus cette dernière maison jusqu'à sa mort. Il y peint une série de scènes de la vie du Christ pour l'église et le réfectoire, et une véritable chronique de l'ordre des Chartreux pour les galeries du cloître et les salles voisines.
Ces toiles manifestent, d'une manière souvent cruelle, les limites de son art. Peu apte à créer des formes, il s'applique à répéter des attitudes apprises. Ses paysages s'inspirent de gravures septe […]
