2. De l'échec de l'utopie à la recherche d'une vision
Après une brève mais intense période créatrice avec les Poems de 1796, Ode to the Departing Year (Ode à l'année qui s'achève), Fears in Solitude (Craintes dans la solitude), Frost at Midnight (Frimas à minuit), The Recantation (Ode à la France), puis les Ballades lyriques en collaboration avec Wordsworth (1798), une traduction du Wallenstein de Schiller (1800) et Ode to Dejection (Ode au découragement, 1802), rongé par le sentiment d'impuissance, affaibli par l'opium, il s'exile à Malte (1804) pour y occuper le poste de secrétaire particulier du gouverneur. 1803 marque sa réconciliation avec la pensée de Burke : nation, propriété, inégalité ; il sera désormais un idéaliste conservateur. Certain que la source poétique s'est tarie en lui, il se détourne du panthéisme wordsworthien pour s'orienter vers une métaphysique de l'imagination et de la volonté que renforcera la lecture de Kant (qu'il traduit) et de Schelling. Après un retour au journalisme, The Friend (L'Ami, 1809-1810), et une brouille avec Wordsworth, hébergé par le docteur qui tente de l'arracher à l'opiomanie, il s'installe dans son personnage de sage éclectique (l'« Oracle de Highgate ») qu'il maintiendra jusqu'à la fin de sa vie – il mourra à Highgate même – durant la période de transition entre romantisme et victorianisme.
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