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SALVADOR Actualité (2010)

Au début de l'année 2010, le président Mauricio Funes bénéficie d'un taux de popularité élevé. Après avoir présenté, en janvier, des excuses officielles pour les violations des droits de l'homme commises par l'État durant la guerre civile de 1980-1992, il effectue la même démarche en mars pour l'assassinat de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, perpétré en mars 1980 et devenu le symbole de la violence des escadrons de la mort.

Le président Funes prend ses distances avec son parti politique, le Front Farabundo Martí de libération nationale (F.M.L.N., ex-mouvement de guérilla d'extrême gauche), tout en promettant d'augmenter l'offre de logements et d'emplois. Il s'engage également à lutter contre la criminalité, le Salvador présentant le taux d'homicides le plus élevé d'Amérique latine. S'appuyant sur l'armée, Mauricio Funes met en œuvre des mesures répressives contre les maras (gangs). Ainsi, l'appartenance à un gang devient un acte délictuel. Afin de protester contre cette loi, les maras bloquent l'ensemble du réseau de transport public en septembre.

La reconstruction des infrastructures endommagées par les tempêtes dévastatrices de novembre 2009 se poursuit. Mais de nouvelles pluies torrentielles s'abattent sur le pays de mai à septembre, détruisant routes et ponts et privant de nombreux habitants de foyer et de nourriture.

En septembre, le président Funes rencontre son homologue mexicain Felipe Calderón pour tenter de réduire la violence exercée à l'encontre des Salvadoriens qui traversent le Mexique pour émigrer aux États-Unis. Les deux chefs d'État créent une commission chargée de mettre au point une stratégie de lutte contre les cartels de la drogue, les principaux responsables de ces violences. Le gouvernement de gauche modérée de Mauricio Funes cherche également à maintenir de bonnes relations avec les États-Unis. En janvier, il suit l'exemple de Washington en reconnaissant le président hondurien Porfirio Lobo élu à la suite d'un coup d'État en 2009, tout en continuant à en critiquer les instigateurs. 

L'économie salvadorienne continue de reposer essentiellement sur les transferts d'argent – estimés à 2,5 millions de dollars – effectués par les migrants vivant aux États-Unis. Au milieu de l'année 2010, Washington prolonge temporairement de dix-huit mois la protection accordée aux Salvadoriens qui résident sur le sol américain depuis 2001, une mesure qui concerne plus de deux cent dix-sept mille personnes. En mai, le Salvador approuve, aux côtés d'autres États d'Amérique centrale, un accord de libre-échange avec l'Union européenne. Avant la fin du mois, il inaugure un nouveau port à La Unión, dans le golfe de Fonseca, un projet lancé dix ans auparavant et financé grâce à un prêt du Japon. Le président Funes annonce qu'il deviendra un important terminal pour les cargos faisant route vers l'Amérique centrale.

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