Considérés aujourd'hui comme l'un des textes emblématiques de la critique d'art, les Salons de Diderot ne furent, en leur temps, connus que d'un très petit nombre de personnes. Diderot entreprit, en 1759, d'écrire pour la Correspondance littéraire, éditée par son ami Friedrich Melchior Grimm, des comptes rendus réguliers de l'exposition qui, tous les deux ans, était organisée au Louvre par l'Académie royale de peinture et de sculpture. Or la Correspondance n'était envoyée, sous forme manuscrite, qu'à une quinzaine d'abonnés, presque tous membres de l'Europe couronnée, avec interdiction de la faire circuler. Ce n'est donc que par quelques extraits publiés de son vivant, et surtout par les éditions posthumes dont les premières remontent à 1795, que fut connu le texte de Diderot, qui avait poursuivi plus ou moins régulièrement sa collaboration jusqu'en 1781, et qui par ailleurs avait écrit d'autres textes esthétiques, mais sans lien direct avec l'actualité. Irremplaçable témoignage, les Salons sont très représentatifs de leur temps. Mais l'ampleur de vue, le style et l'originalité du regard de leur auteur en font aussi un des modèles de la critique d'art, un genre qu'illustrèrent en France d'autres écrivains célèbres, Stendhal, Baudelaire ou Apollinaire.
Photographie
Denis Diderot, J. H. Fragonard Jean Honoré Fragonard, Denis Diderot, huile sur toile. Musée du Louvre, Paris.
Crédits: Erich Lessing/ AKG Consulter
Barthélémy JOBERT
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