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SALONS LITTÉRAIRES

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Plus encore qu'une réalité historique, le salon littéraire est une invention historiographique. L'expression désigne habituellement une maison où l'on reçoit régulièrement, notamment des écrivains, pour converser mais aussi pour se livrer à toutes sortes d'activités et de jeux littéraires. Or, les plus célèbres de ces salons, ceux de la marquise de Rambouillet, de Madame Geoffrin ou de Mademoiselle de Lespinasse, ouvrent leurs portes aux xviie et xviiie siècles, à une époque où le mot « salon » ne désigne encore qu'une pièce de réception. La marquise de Rambouillet et Mademoiselle de Scudéry reçoivent d'ailleurs dans une chambre et non dans un salon. Ce n'est qu'au xixe siècle que l'on se met à parler des « salons » pour désigner une forme particulière de sociabilité. Quant à l'expression « salon littéraire », elle est encore plus tardive puisqu'elle ne s'impose qu'au xxe siècle, d'abord chez les historiens de la littérature, et suggère une interprétation erronée : l'idée reçue selon laquelle l'objet ou la nature propre de cette sociabilité serait foncièrement littéraire.

Pour comprendre ce que sont les salons, il faut en effet se déprendre de l'idée que la littérature est leur finalité, ou même leur occupation principale, et les replacer dans le contexte plus large de la vie sociale des élites, fondée sur l'hospitalité. Par rapport à d'autres formes de sociabilité, les salons présentent la particularité d'être intrinsèquement liés à un domicile privé, où une personne – une femme en général mais non systématiquement – reçoit de façon régulière des invités. À la différence des académies, des cercles littéraires, des loges ou des clubs, il n'existe ni listes de membres, ni statuts, ni ordres du jour. On n'est pas membre d'un salon, on est reçu par un maître ou une maîtresse de maison. Pour autant, bien sûr, cette sociabilité est précisément codifiée. Les voies d'accès au salon, la façon de se présenter et de se tenir, les sujets que l'on peut aborder et la façon de les […]

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BOHÈME

Écrit par :  Jean-Didier WAGNEUR

Dans le chapitre "De la bohème à l'avant-garde"  : …  comme celle du poète Albert Glatigny. Cette période est marquée par le rayonnement d'un des rares* salons bohèmes, celui de Nina de Villard qui, aux Batignolles, réunit un Parnasse élargi aux peintres et aux musiciens. Elle essaimera dans l'histoire littéraire de nombreuses figures fascinantes, au premier rang desquelles Villiers de l'Isle-Adam… Lire la suite
BONAPARTE ÉLISA (1777-1820) princesse de Lucques et de Piombino (1805) grande-duchesse de Toscane (1809)

Écrit par :  Jean MASSIN

… *Grâce à une bourse, Élisa fait son éducation à la maison royale de Saint-Cyr, de 1784 à 1792. En 1797, elle épouse un capitaine corse, Félix Bacciochi, homme d'une parfaite nullité (bien que membre de la famille impériale, il n'atteindra le grade de général de division que péniblement en 1809), mais qui aura la bonne grâce de n'encombrer jamais ni… Lire la suite
CAFÉS LITTÉRAIRES

Écrit par :  Gérard-Georges LEMAIRE

Dans le chapitre "Un espace alternatif"  : …  servi d'alternative aux cours princières, aux ruelles du xviie siècle, puis aux *salons de l'aristocratie du xviiie siècle et de la majeure partie du xixe siècle, le plus souvent régis par les femmes. Ce gouvernement féminin sur la vie intellectuelle a été fustigé par Molière dans ses Lire la suite
CÉNACLES ROMANTIQUES

Écrit par :  France CANH-GRUYER

Dans le chapitre "Charles Nodier et les soirées de l'Arsenal"  : …  romantisme oppositionnel ouvert aux courants libéraux les moins engoncés dans le néo-classicisme. *Les sympathisants du romantisme se regroupèrent chez Charles Nodier, nommé au début de 1824 bibliothécaire de l'Arsenal. Son appartement de fonction, rue de Sully, était ouvert à tous ses amis. Il y avait là Cailleux et le baron Taylor, des artistes… Lire la suite
CHARRIÈRE ISABELLE DE (1740-1805)

Écrit par :  Universalis

…  vaudois, ancien précepteur de ses frères et s'installe à Colombier, non loin de Neuchâtel. *C'est là qu'elle tiendra salon, rassemblant autour d'elle une société choisie et férue de culture, dans l'esprit des Lumières. Elle fréquente également à Paris le salon de Mme Necker, où elle rencontre Chamfort, l'abbé de Reynal, Mme de Staël.… Lire la suite
CLASSICISME

Écrit par :  Pierre DU COLOMBIERHenri PEYRE

Dans le chapitre "L'époque et le milieu"  : …   ; bien moins encore ont peint ou composé de la musique. Il y avait à la cour nombre de roturiers anoblis. Les *salons exerçaient plus d'influence que la cour et le parterre importait plus à Molière que les petits marquis. Comme dans le domaine politique, il y eut alors une rencontre implicite du roi et du peuple contre les grands. La bourgeoisie (… Lire la suite
CONDORCET SOPHIE DE GROUCHY marquise de (1764-1822)

Écrit par :  Denise BRAHIMI

… *La vie de Sophie de Condorcet est loin de s'identifier à celle de son mari, dont elle a pourtant épousé les idées et partagé les travaux. Sophie de Grouchy est née en Normandie en 1764, dans une assez illustre famille. Sa mère, sœur du président Dupaty, était une femme d'esprit et de sens. Sophie montre très tôt des dispositions pour l'étude, un… Lire la suite
CONTES DE FÉES, livre de Madame d'Aulnoy

Écrit par :  Christian BIET

…  à s'enfuir d'abord dans un couvent, puis en Flandre, et peut-être en Angleterre et en Espagne. *En 1685, Mme d'Aulnoy put revenir à Paris, où elle tint salon dans le quartier Saint-Sulpice. C'est là, devant la princesse de Conti, Mme et Mlle Deshoulières, qu'elle contait ses histoires de fées. Souvent entourée d… Lire la suite
CONTES, livre de Charles Perrault

Écrit par :  Christian BIET

Dans le chapitre "Un art du naturel"  : …  . En cela, il se place dans le sillage de L'Astrée (1607-1627) de Honoré d'Urfé, et *des pratiques de salon qui lui sont bien connues. Les jeux mondains des moralités et des énigmes, voire des bouts-rimés, parcourent ces contes qui sont aussi destinés aux cercles aristocratiques et bourgeois, dominés par les femmes, et très présents… Lire la suite
DEFFAND MARIE marquise du (1697-1780)

Écrit par :  Édouard GUITTON

… *Sainte-Beuve (Lundis I et XIV) et Gustave Lanson (Choix de lettres du XVIIIe siècle) ont parlé admirablement de Mme du Deffand. Ame d'une richesse exceptionnelle, elle offre une image exemplaire du sort de la femme sous l'Ancien Régime. Son œuvre tient dans sa correspondance et sa conversation : sûr moyen de… Lire la suite
DUCLOS CHARLES PINOT (1704-1772)

Écrit par :  Denise BRAHIMI

… *Écrivain breton, né et mort à Dinan, très récemment sorti de l'oubli parce qu'on a pu voir dans son Commentaire sur la Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal (publié en édition posthume) une des sources principales de l'Essai sur l'origine des langues de J.-J. Rousseau (cf. J. Derrida, De la grammatologie, Paris,… Lire la suite
LES FEMMES SAVANTES, Molière

Écrit par :  Christian BIET

…  érigées en caractères et se piquant de philosophie –  science, métaphysique et arts confondus. *C'est que la revendication des salons a changé. La réforme des mœurs, des sentiments et du langage s'applique maintenant à des matières plus élevées. Si dans le salon de Mlle de Scudéry, on avait inventé le terme de « femme savante », les… Lire la suite
FOYERS DE CULTURE

Écrit par :  Gilbert GADOFFRE

Dans le chapitre " Une civilisation de la conversation : les salons"  : …  Les lumières du Versailles culturel de Louis XIV étaient à peine éteintes que les *salons reprenaient à Paris le rôle qui avait été le leur au début du xviie siècle. Non que l'hôtel de Rambouillet ait été le premier salon littéraire. On peut trouver dès le milieu du xvie siècle, et même en province, des… Lire la suite
GEOFFRIN MADAME, MARIE-THÉRÈSE RODET (1699-1777)

Écrit par :  Denise BRAHIMI

… *Bourgeoise intelligente, Mme Geoffrin sut devenir riche malgré des origines modestes ; son père était valet de chambre de la dauphine, sa mère n'avait pour elle qu'un esprit très distingué. M. Geoffrin, qu'elle épouse à quinze ans, ne lui apporte pas de très grands biens, mais elle sait les faire fructifier par un remarquable esprit d'… Lire la suite
JULIETTE RÉCAMIER, MUSE ET MÉCÈNE (exposition)

Écrit par :  Robert FOHR

…  De la vie de Madame Récamier, l'histoire a jusqu'ici surtout retenu le souvenir de son brillant *salon de la rue du Mont-Blanc à Paris, de ses liens avec les milieux royalistes et de son opposition sans trêve à Napoléon, de son amitié avec Madame de Staël et Chateaubriand, enfin de sa retraite, sous la Restauration, après des revers de fortune,… Lire la suite
LECTURE

Écrit par :  Henri-Jean MARTINMartine POULAIN

Dans le chapitre "La lente visualisation du discours écrit"  : …  tout, comme dans l'Antiquité, des orateurs et des hommes d'action. Ainsi s'explique le rôle des *salons durant la première moitié du xviie siècle : s'y forme un public littéraire révérant les valeurs aristocratiques et sensible aux influences féminines. Aussi les genres littéraires les plus caractéristiques de l'époque… Lire la suite
LENCLOS ANNE dite NINON DE (1616-1706)

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

… *Courtisane française, célèbre par sa beauté (mais c'est déjà la légende qui parle, il faudrait dire sans doute son « agrément » ou son « charme ») et par son esprit, Ninon de Lenclos décide très jeune de vivre indépendante comme un homme. Elle a dès lors « des galans en assez bon nombre » (Tallemant des Réaux), pour une nuit ou pour trois mois,… Lire la suite
LESPINASSE JULIE DE (1732-1776)

Écrit par :  Denise BRAHIMI

… *La célébrité de Mlle de Lespinasse tient à ce qu'elle a tenu un salon (1764-1776), fréquenté notamment par son grand ami d'Alembert et par d'autres fidèles tels que Condillac, Marmontel, Condorcet, Turgot. À dire vrai, elle n'eut son propre salon qu'après avoir rompu avec la marquise du Deffand et entraîné avec elle la plupart des hôtes de son… Lire la suite
MAXIMES, livre de François de La Rochefoucauld

Écrit par :  Christian BIET

Dans le chapitre "Une écriture aristocratique"  : …  *Il est nécessaire de comprendre d'emblée qu'il s'agit ici d'une écriture aristocratique, élaborée collectivement, dans les cercles et les salons d'après la Fronde, marquée par une désinvolture ostentatoire – signe du « Grand » qui n'avoue pas qu'il écrit parce que écrire serait, en l'espèce, déchoir –, déterminée par le ressentiment face au pouvoir… Lire la suite
MÉNAGE GILLES (1613-1692)

Écrit par :  Bernard CROQUETTE

… *L'un de ces abbés qui occupent tant de place dans l'histoire de la littérature française au xviie siècle. Un abbé, mais non un prêtre : il n'ira pas au-delà du sous-diaconat qu'il reçoit en 1648 ; ses confortables revenus ecclésiastiques lui permettent dès lors de donner tout son temps aux études et aussi, plus tard, à la vie de… Lire la suite
MORALISTES

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "Entre littérature et philosophie"  : …   » (Marc Fumaroli) qui promeut la politesse, l'urbanité, les valeurs de civilité : âge des* salons (où le genre de la maxime serait d'abord apparu, comme un jeu mondain, une pratique d'écriture collective), qu'accompagne l'émergence d'une bourgeoisie cultivée dont La Bruyère est typiquement le représentant. Suite créatrice, inventive, où s… Lire la suite
POMPADOUR JEANNE ANTOINETTE POISSON marquise de (1721-1764)

Écrit par :  Louis TRENARD

… *Fille de Louise-Madeleine de La Motte, protégée du fermier général Lenormant de Tournehem, et de François Poisson, employé des frères Pâris. Celui-ci, accusé de concussion au moment de la disgrâce des Pâris (1725), dut fuir la France et Jeanne Antoinette, ainsi que son frère Abel, fut élevée par Lenormant. Ambitieuse, Mme Poisson fait… Lire la suite
PRÉCIOSITÉ

Écrit par :  Roger LATHUILLÈRE

Dans le chapitre "Le vrai visage de la préciosité"  : …  en plus les beaux esprits des ruelles à ne pas négliger ce moyen de paraître et de se faire valoir. *Mais le côté social de la préciosité, l'épanouissement de la vie mondaine, le rôle des salons demeurent français. Ils ne sont pas la conséquence de l'italianisme et de l'hispanisme ; ils sont, au contraire, la condition de leur succès. De même, les… Lire la suite
PROVERBE DRAMATIQUE

Écrit par :  Hélène LACAS

… *Plutôt qu'un genre littéraire, le proverbe est, à l'origine, un divertissement de salon dont la naissance a été favorisée par la brillante vie mondaine de la fin du règne de Louis XIII. C'est « une scène en plusieurs scènes qu'on écrivait ou que souvent on improvisait entre soi sur un simple canevas et qui renfermait un petit secret [...]. Le… Lire la suite
PROVERBES

Écrit par :  Marc SORIANO

Dans le chapitre "Mise à mort et résurrection"  : …  seront aussi, jusqu'à la fin du règne de Louis XIII, le support d'un jeu qui fait fureur dans les *salons parisiens et les collèges : saynètes improvisées ou non, énigmes simples dont « le mot » est précisément un proverbe. Mais après la grande peur de la Fronde (1648) et la sanglante répression qui la suit, les proverbes, pourtant connus et… Lire la suite
RUELLE, histoire littéraire

Écrit par :  Jean MARMIER

… *Le xvie siècle a connu des salons curieux de littérature, comme celui des dames des Roches. Mais avant le xviiie siècle, le salon comme pièce de réception n'existe que dans les palais. Au xviie, c'est dans la « ruelle » (en fait, dans la chambre à coucher) que reçoit la maîtresse de maison… Lire la suite
SCUDÉRY MADELEINE DE (1607-1701)

Écrit par :  Jean MARMIER

… *Née au Havre, orpheline, Madeleine de Scudéry reçoit une éducation d'une solidité rare pour son sexe, qui contrebalance son goût précoce des romans, et elle se fixe à Paris. Sa laideur lui ôte l'espoir de s'y marier, mais son esprit et l'agrément de sa conversation lui ouvrent l'hôtel de Rambouillet. Elle se lie avec Mlle Paulet et avec Montausier… Lire la suite
STAËL MADAME DE (1766-1817)

Écrit par :  Simone BALAYE

Dans le chapitre "L'héritage des Lumières"  : …  banquier genevois Necker, dernier grand ministre de Louis XVI. Sa mère tint à Paris l'ultime *salon littéraire du siècle ; née dans cette ville, la jeune fille grandit en conversant avec les derniers Encyclopédistes, avec les célébrités littéraires, avec les représentants de l'aristocratie et de la politique. Protestante, elle épouse en 1786… Lire la suite
VARNHAGEN VON ENSE RAHEL (1771-1833)

Écrit par :  Universalis

… *Née Levin, à Berlin, Rahel Varnhagen, femme du monde, a tenu un important salon littéraire à Berlin au début du xixe siècle. Élevée dans une famille juive orthodoxe, elle possédait des qualités intellectuelles remarquables. Sa maison devint, après 1803, un lieu où se retrouvaient sans cérémonie les principales personnalités… Lire la suite

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